LES MOYENS
Notre préoccupation majeure est la mise en place de dispositifs permettant à l’enseignant d’assumer le mieux possible ses tâches. Cela rend indispensable la mise en valeur des aspects attractifs du métier et l’amélioration des conditions matérielles (salaire, conditions de travail, gestion des nominations et mutations du personnel...). Cela aura aussi pour effet d’attirer, ce qui est une nécessité absolue, davantage de jeunes vers le professorat.
On pourrait, après une formation initiale solide, faire que les débutants entrent progressivement en activité, soient pris en charge par des "équipes d’accueil’, qui les conseilleraient sans les noter.
Le service des enseignants doit être repensé selon le principe "à travail égal salaire égal". Le service devrait être défini de façon plus globale, pensé en volume annuel négocié par les équipes au niveau de l’établissement en contraintes hebdomadaires, quantifié en tenant compte des responsabilités, des tâches autres que celles effectuées en présence d’élèves, de la zone géographique, du niveau d’enseignement et des élèves qui sont à charge. Sur cette question tout particulièrement des garde-fous sont à définir et à discuter dans la mise en ôuvre.
Pour la qualité de 1a relation des professeurs avec leurs élèves, le nombre global d’élèves dont il a la charge devrait être plafonné. Le service annuel doit laisser place à des heures réparties par le projet d’établissement, pendant lesquelles le professeur est à 1a disposition des élèves. Ce nombre d’heures pourrait être défini nationalement avec des peréquations dues à la situation de l’établissement. Le rapport entre ces heures individualisées et les heures en groupe devrait varier selon les évolutions des moyens multimédias disponibles.
L’organisation pédagogique, la répartition des tâches sont de 1a responsabilité des équipes pédagogiques en accord avec l’administration locale. L’activité proprement mathématique du professeur devrait se faire dans l’établissement à partir du laboratoire de mathématiques. c’est à dire d’une équipe, de locaux, de moyens matériels, d’un réseau de communication ouvert. Ce laboratoire type :
a un rôle de gestion des missions d’organisation et d’animation. et des moyens alloués en conséquence (car il est un des organes susceptibles de promouvoir le projet d’établissement.)
facilite l’auto-formation et contribue à faire circuler les informations.
est relié aux structures existantes ou à créer, Associations de spécialistes, IREM. MAFPEN, CNDP, INRP, IUFM, Inspection....
Les contenus d’enseignement doivent distinguer les mathématiques pour tous (formation de base minimale nécessaire à toute personne dans sa vie privée, professionnelle. civique) des mathématiques outils au service des autres disciplines. permettre une ouverture sur les mathématiques qui se font dans le monde d’aujourd’hui. sans jamais perdre de vue "les maths pour les maths" .
L’élaboration devra s’appuyer sur des objectifs terminaux argumentés, réactualisés régulièrement ( qu’on dise clairement si on a effectivement besoin de telle ou telle partie des maths pour telle ou telle formation).
Les contenus doivent préciser les concepts à aborder à un niveau donné, les insérer dans des finalités de formation - richesses culturelles, richesses opérationnelles, richesses conceptuelles -, indiquer leur champ de fonctionnement (physique, biologie, jeux ...) et ce qui se rapporte au dit concept ( exercices indiquant les richesses, consignes illustrant les limites à ne pas dépasser, problèmes ouverts, lexique...).
Les contenus définis dans les programmes doivent comporter une partie centrale et des annexes, détaillant des propositions régulièrement mises à jour, et refléter les préoccupations précitées. Les programmes doivent être conçus en termes d’objectifs, les plus clairs possible sur le degré de maîtrise à viser à chaque étape et préciser les procédures de remédiation lorsque ce degré n’est pus atteint. La densité des programmes doit laisser une grande liberté à l’enseignant pour adapter, choisir ou concevoir des activités liées aux finalités préalablement fixées. Par conséquent les programmes doivent être souples dans les exigences de contenus afin d’être d’autant plus ambitieux dans la formation à la démarche mathématique et à l’esprit scientifique.
Le contrôle de l’ensemble du dispositif doit être l’affaire de tous les partenaires de la vie scolaire. Des modes de vérification locaux de l’assimilation des connaissances ( contenus, méthodes, démarches) devraient être pris de plus en plus nettement en compte dans les évaluations de fin de cycle (avec par exemple un contrôle par des collègues d’autres établissements publics en cours d’année ainsi que des formes d’évaluation en temps non limité).
