LES IMPLICATIONS
Aucune orientation ne peut se mettre en place sans un accord conséquent des professeurs. Cet accord se prépare dès la formation initiale et s’entretient tout au long de la carrière. C’est pourquoi les enseignants doivent disposer après une formation initiale adéquate d’un capital formation-recherche utilisable pendant leur carrière.
La formation initiale doit assurer des bases solides :
avant tout l’ensemble des domaines que l’étudiant aura ultérieurement à enseigner et lui permettant de mieux maîtriser ceux-ci (arithmétique, algèbre, analyse, géométrie, probabilités, statistiques, topologie, éléments d’algorithmique, logique et théorie des modèles...).
en histoire et épistémologie des mathématiques et des sciences.
ainsi qu’en utilisation des ressources documentaires et technologiques (bases de données...).
Par ailleurs cette formation doit ouvrir le champ :
à la didactique, à la classification des objectifs, aux formes d’évaluation et d’auto-évaluation. au maniement des outils multimédias,
à la gestion des problèmes de relation et de communication ( prendre conscience de ses propres comportements et de ceux des élèves, travailler en équipe).
à la prise en compte des multiples dimensions de la complexité humaine.
Ces acquisitions. tout aussi importantes dans ces domaines que dans les précédents, seront approfondies tout au long de la carrière : leur nécessité et leur utilité n’apparaissent vraiment qu’au fur et à mesure de la pratique professionnelle.
Une formation continuée, adaptée aux besoins, devra être encouragée, intégrée dans les services, validée, valorisée et en tout état de cause portée à la connaissance des acteurs de la vie scolaire.
L’enseignant grâce à sa formation devrait être capable, dans le cadre des orientations prédéfinies, à un premier niveau de :
formuler un problème, conjecturer un résultat, expérimenter, sur des exemples, bâtir une démonstration, mettre en oeuvre des outils théoriques, mettre en forme une solution, contrôler les résultats obtenus, évaluer leur pertinence en fonction du problème posé.
à un second niveau :
de faire partager le plaisir et la beauté d’un raisonnement, d’euvrer avec rigueur et de donner le souci de la rigueur.
d’adapter et de créer des situations multiples dans lesquelles les élèves interviendront vis à vis des concepts et utiliseront les moyens pédagogiques modernes.
d’identifier et concevoir des problématiques permettant d’associer des méthodologies et des activités à des objectifs.
de situer sa démarche par rapport aux autres disciplines.
de vérifier la capacité de lecture documentaire, de prendre en compte la variété des types de production des élèves et de se mettre à leur portée.
de développer des entretiens individualisés centrés sur le diagnostic des dysfonctionnements observés et de proposer des remédiations adaptées (nouvelles façons de présenter les choses).
d’aider les élèves à s’orienter selon leurs désirs et leurs compétences, en tenant compte des besoins de la société.
de cultiver le goût de la recherche et de la découverte, le plaisir de travailler avec des collègues.
Le professeur s’appuiera sur des contenus et des méthodes faisant place à l’autonomie et au travail en équipe des élèves.
Le contexte dans lequel se fera alors l’enseignement des mathématiques devrait diminuer le nombre de personnes affirmant " je n’aime pas les mathématiques et je n’y comprends rien". Restent des questions et des débats concernant :
le minimum de formation obligatoire,
la reconnaissance par l’institution et la société des compétences et de l’investissement de chacun,
le temps et la liberté nécessaires au professeur pour assumer les responsabilités qui lui sont confiées,
les stratégies à mettre en place pour que les préoccupations exprimées passent véritablement dans les faits et simplifient le rayonnement du métier.
