| APMEP | Editorial du Bulletin 497 |
- 30 janvier 2012 -
2012 démarre à peine que déjà, de nombreux projets (ou promesses ?) d’« amélioration » de notre métier d’enseignants de mathématiques se profilent à l’horizon : redéfinition du métier et des statuts, autonomie complète des établissements pilotés par un patron pour mieux assurer et encadrer l’efficience du système éducatif, modification de l’évaluation des enseignants pour les motiver davantage (!), recrutements locaux ou sur profils pour réagir au plus près du terrain, créations de postes de professeurs (titulaires ?) mais avec des contreparties de statut.
Tous les candidats à l’élection présidentielle de 2012 y vont de leurs projets divers et variés. Et ces projets doivent « nous faire rêver » disent-ils plus haut et plus souriants les uns que les autres. Effectivement, on croit rêver que d’entendre ou de lire une surenchère de discours, de faits ou d’idées souvent reçus, toujours déformés et parfois inquiétants.
Oui, le métier d’enseignant doit évoluer avec son temps et la société.
C’est un
métier de relations humaines et non de confection ou de manufacture.
Oui, il faut
prendre en compte la diversité des élèves, leurs nouveaux modes de communication,
leurs nouvelles difficultés et donc sûrement enseigner autrement.
Mais cela ne se fera
pas d’un simple coup de baguette magique, en décrétant que davantage de présence
de professeurs dans les établissements sera la clé d’une meilleure réussite scolaire
pour beaucoup d’élèves, que davantage de contractuels sans formation réussiront à
appréhender la complexité du métier, que davantage de tâches de plus en plus
éloignées de l’enseignement permettront d’améliorer l’égalité des chances pour
l’accès à une formation meilleure.
Cela ne se fera pas non plus sans nous car si les
examens (et en particulier le baccalauréat) fonctionnent encore, si l’orientation et la
motivation des élèves marchent encore, si les projets éducatifs scolaires et extrascolaires
se montent, c’est bien grâce aux professeurs avant tout.
L’enseignement doit être l’un des débats centraux de la campagne électorale.
Pour le moment, nous assistons davantage à quelques idées, lancées dans les médias
sans vraiment de débats qui les ont précédées. L’APMEP a envoyé un texte de ses
propositions et constats aux principaux candidats à l’élection présidentielle.
Pour le
moment, aucun débat public, aucune confrontation d’idées, aucun échange n’a eu
lieu.
Pourtant, nous nous préparons dès à présent aux grandes questions qui ne
manqueront pas de se poser. La situation actuelle sur bien des points est intenable et
revendiquer le statu quo ou la conservation de l’existant est un piège tendu dans
lequel nous ne devons pas tomber.
D’importantes réformes doivent être entreprises
et l’histoire de l’APMEP nous rend légitimes dans les revendications des vrais
changements. Notre comité de mars 2012 devrait certainement faire avancer nos positions sur la définition de notre métier, sur ses enjeux, sur nos pratiques et sur
notre formation. Il faut nous positionner sans tarder pour ne pas être pris de court.
Nous ne devons pas attendre que l’on nous change notre métier sans y participer, sans
que la voix des professionnels que nous sommes ne se fasse entendre (et non des
simples employés, position dans laquelle on essaie trop souvent de nous cantonner).
Bien sûr, l’APMEP ne sera forte dans sa capacité à se faire entendre que si elle peut
compter sur le maximum de ses adhérents.
C’est pourquoi, souhaiter une excellente
année aux enseignants de mathématiques, c’est dans le même temps souhaiter une
très bonne année à l’APMEP qui, en vieille « institution » (n’ayons pas peur des
mots), reste un lieu indispensable aux professeurs de mathématiques qui souhaitent
et veulent tout mettre en oeuvre pour que l’enseignement de leur discipline progresse
dans les meilleurs conditions pour leurs élèves et pour eux-mêmes.
C’est pourquoi, je vous souhaite à tous une excellente année 2012 militante. Nous allons en avoir besoin…